Les dents de la mer sud-africaines

Publié le par sharkprod

 

On a dû mal à imaginer la scène : un nageur s'est débattu pendant cinq minutes avec un requin à l'aide de sa planche de surf.

C'était dimanche dernier, dans les eaux de Second Beach, à Port St Johns, une petite ville côtière située à 200 kms au sud de Durban. L'homme âgé de 25 ans décrit comme "courageux" pendant son combat (l'instinct de survie laisse-t-il le choix ?) est parvenu à regagner le rivage, mais est mort ensuite de ses blessures : des lacérations multiples sur les bras, les jambes et le torse.

Il restera dans l'Histoire statistique comme le premier tué de l'année par un requin dans le monde (14 victimes l'an dernier dont 3 en Afrique du Sud, un record depuis 2000). Mais ce n'est pas la première fois qu'une tragédie survient à proximité de cette plage de la magnifique Wild Coast. Second Beach, désormais fermée aux nageurs, est réputée comme étant l'une des plages les plus dangereuses du monde.

En cinq ans,  il y a eu désormais six attaques mortelles. Les agresseurs ? Souvent des requins bouledogues longs de plus de 2 mètres qui ont l'habitude d'attaquer en eau peu profonde.

 

 

Rappelons-le : le requin n'est pas un "mangeur d'hommes" malgré le mythe forgé par le film Les Dents de la mer (qui m'offre toutefois un titre accrocheur). Alors pourquoi autant d'attaques aussi violentes que nouvelles ? L'attrait par le sang versé sur la plage lors de sacrifices d'animaux ? Une vengeance auprès des surfeurs qui troublent leur tranquillité ?

Les chercheurs constatent que la démocratisation du tourisme mondial a augmenté le nombre de personnes qui pénètre dans le monde marin, alors que la surpêche vide le garde-manger des requins. Résultat, les rencontres - et les confusions - sont de plus en plus probables...

Certains ne manqueront pas non plus de s'interroger sur l'impact des "cage diving" (*vidéo), une activité proposée aux touristes le long de la côte sud-africaine qui permet d'observer dans une cage plongée dans l'eau des requins attirés par des leurres, parfois avec du sang.

"Près de 40.000 personnes viennent en Afrique du Sud chaque année avec l'objectif principal d'essayer de voir un grand requin blanc vivant dans son habitat naturel" constate ce photographe des mers qui appelle les autorités à mieux protéger ces animaux.

A Port St Johns, des balises ont été placées sur des requins pour essayer de comprendre leur comportement. A Durban, des filets anti-requins (critiqués pour leur impact sur l'écosystème) ont été installés au large pour protéger les plages, tandis qu'au Cap, des observateurs préviennent les baigneurs de la présence éventuelle de squales.

 

(*vidéo)

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