LA PÊCHE AUX AILERONS DE REQUINS PROSPÈRE, PAS SES VICTIMES

Publié le par sharkprod

Le site Futura Environnement reprend un peu l’article Toujours moins de requins dans le Pacifique en y apportant quelques informations supplémentaires. Morceaux choisis :

L’industrie des ailerons de requins ne connaît pas la crise puisqu’elle serait en pleine croissance dans les pays asiatiques. Le shark finning semble encore avoir de beaux jours devant lui, malgré les nombreuses interdictions. Pour rappel, cette pratique consiste à capturer des squales vivants, à découper leurs nageoires puis à les rejeter à l’eau. Dans l’incapacité de nager, ils sont voués à une mort certaine. Selon le WWF, près de 73 millions de requins seraient tués chaque année pour assouvir les demandes du marché.

Hong Kong importe environ 10.000 t d'ailerons de requins par an.

Une grande partie est réexportée vers la Chine.

De 1995 à 2010, des observateurs indépendants ont embarqué sur des navires de pêche sillonnant le centre et l’ouest de l’océan Pacifique. Le nombre de prises, les espèces prélevées, la taille et le sexe des individus capturés ont alors été précieusement notés. Un modèle linéaire généralisé a ensuite été utilisé afin d'estimer divers paramètres de population pour les requins longimanes (Carcharhinus longimanus), soyeux (Carcharhinus falciformis), mako (Isurus spp.) et bleus (Prionace glauca). Les ailerons de ces 4 espèces sont particulièrement recherchés dans certaines contrées asiatiques comme la Chine.

 

Les longimanes, la seule espèce faisant l’objet d’une limitation des prises dans le Pacifique, déclineraient sévèrement depuis 1995, leur taux de capture s'étant réduit de 17 % par an en moyenne. Autre indice prouvant l’existence d’une surpêche, la taille médiane des prises n’a cessé de diminuer au cours du temps. Les individus capturés seraient donc de plus en plus jeunes, une tendance qui n’est pas propre à cette espèce. Tous les squales soyeux attrapés après 2000 étaient en effet des immatures. Les populations de requins mako et de requins bleus ont quant à elles diminué de respectivement 7 % et 5 % par an.

Malgré les interdictions, le shark finning continue

La pratique du finning, bien qu’interdite par de nombreux pays depuis les années 2000, serait toujours abondamment utilisée par les navires pêchant à la palangre. En 2008, près de 48 % des requins capturés ont été rejetés en mer vivants, contre 53 % en 2007 et 40 % en 2006. Le nombre de victimes pourrait avoir diminué en 2010, mais il n’est pas évident à quantifier. Car certains pêcheurs ont trouvé une astuce pour éviter la découpe des ailerons et le rejet des squales en mer : les proies, principalement les soyeux et les longimanes, sont tout simplement gardées à bord. Il n’y a donc plus de finning, mais les requins continuent de mourir au même rythme qu’auparavant.

En 2010, 180 espèces de requins étaient menacées, contre 15 en 1995… Les gastronomes ignorant qu’ils s’empoisonnent à la BMMA (bêta-N-méthylamino-L-alanine), une neurotoxine impliquée dans des maladies neurodégénératives humaines, sont encore nombreux !

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