"LA MÉDITERRANÉE EST UNE NURSERIE POUR LE REQUIN..."

Publié le par sharkprod

L’association Ailerons vient de capturer des peaux bleues pour des prélèvements. Explications avec Nicolas Ziani.

 

Vous venez de capturer des requins ensuite relâchés, dans quel but ?

Depuis 2009, Ailerons, en lien avec la Fédération nationale de pêche (FNPPSS), procède à des opérations de capture de requins en no kill, pour marquer ces poissons. Avec les clubs de pêche du Cap agathois et du Carnon fishing club, nous avons réussi à effectuer sept prélèvements et à en marquer cinq. C’est-à-dire que nous avons mis sur ces cinq requins, qui mesurent entre 70 cm pour les bébés et 1,40 m pour les plus grands, des bagues d’identification.

Quand ils seront recapturés, ils pourront donner des informations sur la position de l’animal et ses déplacements. On le mesure, on détermine son sexe et on procède à des prélèvements ADN, ensuite analysés par le Criobe, à Perpignan.

 

Le requin fascine, inquiète, mais on sait peu de chose sur lui. Ici, on pêche le requin depuis que la pêche professionnelle existe.

On le retrouve ensuite sous forme de steak dans les restaurants mais on n’a encore que très peu d’informations sur lui. Quand j’ai créé l’association à Montpellier, on ne savait rien. Nous avons été les premiers à effectuer des prélèvements. Par exemple, il serait intéressant de savoir si les spécimens que nous avons en Méditerranée sont les mêmes qu’en Atlantique.

 

En Méditerranée, tout le monde s’inquiète d’un danger potentiel.

Dans le monde, il y a 400 à 500 espèces de requin, il y en a 51 en Méditerranée et environ 40 sur la côte française. On y trouve surtout des peaux bleues, qui peuvent mesurer jusqu’à 3 ou 4 m. Mais aussi des requins-renards, des gris, des aiguillats, des requins-taupes, des makos, autant d’espèces qui deviennent rares, sauf le peau bleue qui se maintient bien.

Parce qu’ici, pour lui, on est typiquement une zone de nurserie. Les femelles accouchent pour mettre les petits en sécurité et éviter le cannibalisme. Après, les bleus et les renards ne mangent que des sardines et des anchois et les grands blancs restent au large. Localement, s’il y avait un risque, on le saurait. Il n’y a que 110 attaques recensées en Méditerranée depuis le Moyen Âge.

Pour moi, celles de La Réunion sont des accidents, l’homme ne fait pas partie du régime alimentaire du requin et il n’a pas, soudain, pris goût à la chair humaine.

 

Pour affiner vos recherches, vous cherchez toujours à poser une balise satellite sur un requin ?

Oui, ça fait deux ans qu’on essaie ! Ça devrait être fait à la fin du mois mais ça coûte cher. C’est pour cela que nous faisons aussi des appels aux dons. Poser des balises permettra de suivre la migration des requins.

Le but, c’est de les connaître pour pouvoir mieux les protéger parce qu’ils sont au sommet de la chaîne alimentaire et qu’ils sont menacés.

Commenter cet article